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La e-cigarette : amie ou ennemie du délégué pharmaceutique ?

22 novembre 2012
Article rédigé par Webmaster
Actualités

Près de deux millions de personnes chaque année suivent une cure de substituts nicotiniques pour arrêter de fumer. Dans votre quotidien de délégué pharmaceutique, vous vous êtes déjà rendu compte, ou cela ne saurait tarder, que cette gamme de produits a un poids important dans votre chiffre d’affaires. Le marché du sevrage tabagique est juteux. Jusqu’à présent les substituts pouvaient se classer en deux grandes catégories : d’un côté les patchs, et de l’autre les gommes et autres cachets oraux. Est arrivé en France fin 2010 une troisième alternative : la e-cigarette. Le boom qui s’en est suivi en termes de pénétration de marché par rapport à ses concurrents est incontestable, mais il pourrait être remis en question. Explications.

La cigarette électronique : principe

Assemblage d'une e-cigarette

Composants de la cigarette électronique

La cigarette électronique a l’aspect d’une cigarette, s’utilise comme une cigarette, mais la comparaison s’arrête là. Si la cigarette traditionnelle est tristement réputée pour contenir 5300 produits chimiques, dont 60 cancérigènes, la e-cigarette se présente comme une alternative « saine » où la fumée ne serait que de la vapeur de glycérine végétale ou de propylène glycol, permettant ainsi au fumeur de conserver la gestuelle et la sensation d’une cigarette sans la nocivité et l’aidant d’autant à arrêter. Marketing oblige, pour souligner la non-nocivité du produit, on ne « fume » plus, avec une e-cigarette, on « vapote ». La stratégie du produit a été finement étudiée, puisqu’à l’instar d’une célèbre marque de dosettes de café, on peut choisir la saveur de ses cartouches de glycérine végétale.

La e-cigarette : je t’aime moi non plus

demande e-cigarette internet

Evolution des requêtes « e cigarette » sur Google en France

Appréciée des fumeurs, elle est pourtant vertement décriée par les organisations sanitaires dans le cadre de la CCLAT (Commission-Cadre de Lutte Anti Tabac), en tête desquelles on retrouve l’OMS, l’AFFSAPS (France) et la FDA (USA). En tête des griefs, l’absence de résultats probants démontrant l’utilité de la cigarette électronique dans le processus de sevrage, et l’argument infondé de non-toxicité de la vapeur générée. Il faut certes savoir distinguer réquisitoire argumenté et lobbying déguisé, mais une opposition des autorités, fusse-t-elle infondée, pourrait causer l’interdiction des ventes.

Actuellement, sa vente en pharmacie est interdite par l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament). Pour s’en procurer, il faut passer par Internet ou des boutiques spécialisées, par ailleurs chaque jour plus nombreuses. Néanmoins dans la pratique, une étude menée par le Figaro sur trente pharmacies parisiennes nous apprend que les linéaires de 55% des pharmacies visitées présentaient les fameuses cigarettes incriminées. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a entamé une enquête au sujet de ces cigarettes.

Débats d’études

Si effectivement, des études récentes (Allemagne) démontrent que la « fumée » des e-cigarettes n’est pas composée que de vapeur d’eau, il serait pourtant exagéré de jeter l’opprobre sur les cigarettes électroniques. Les quantités et les niveaux de concentration des composés nocifs sont bien moindres que dans les cigarettes classiques. Par conséquent, plus qu’un débat sur la nocivité ou non des cigarettes, ce qui semble faire blocage réside plutôt dans la possibilité ou non pour les industriels et distributeurs de ces produits d’arguer qu’il s’agit d’un outil de lutte efficace contre le tabac. Si pour l’OMS la réponse est actuellement négative, il sera intéressant de suivre dans les prochains mois l’avancée des études grâce au recul obtenu pour trancher la question du devenir de la cigarette électronique vis-à-vis des moyens actuellement officiellement reconnus et vendus en pharmacie par l’entremise des délégués pharmaceutiques.

Pour finir, voici un extrait d’une émission télévisée sur Direct 8(nouvellement D8), traitant de ce sujet de santé publique.

 

5 Comment(s)

  1. Adeline

    25 février 2013 à 22 h 33 min

    De nouvelles études scientifique sur le sujet à lire sur ce lien

  2. Philippe

    29 avril 2013 à 18 h 32 min

    Un petit récapitulatif de ce qui se dit en presse a été mis à disposition sur ce site.
    C’est assez complet, la presse est plutôt partagé.

  3. Sarah

    17 septembre 2013 à 17 h 06 min

    Bonjour,
    Merci pour votre article il est très pertinent !
    J’ai récemment lu un article qui dis clairement que l’e-cigarette est 1000 fois moins nocive qu’une vrai cigarette.
    C’est des informations a prouver mais je pense que c’est beaucoup moins nocif que la cigarette dans tout les cas.

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